Hyper-Palimpseste
Vue d’exposition, Hyper-Palimpseste
Suite à une résidence artistique de trois mois au LM Studio à Hyères, Auréline Caltagirone a développé un ensemble de recherches présenté dans l’exposition « Hyper-Palimpseste ».

À travers une série d’œuvres inspirées des traditions du chantier et du territoire, Auréline Caltagirone interroge ces espaces de transition où s’opère en permanence la transformation de notre environnement. En invitant à considérer la ville comme un modèle de superposition de couches, où passé et présent coexistent, l’artiste propose également une ode à l’impermanence. Une invitation à regarder autrement ce qui semble inconfortable ou dérangeant, et à y percevoir une forme de mémoire et de renouveau, où le passé ne disparaît jamais mais persiste sous le présent.
Il s’agissait d’une exploration de la mémoire et de la poésie des chantiers urbains.
Gigot Bitume, 2025
La sculpture « Gigot Bitume » fait écho à une tradition de la fin du XIXe siècle consistant à partager une pièce de viande cuite dans l’asphalte à la fin du bitumage d’une route. Cette forme, qui évoque un morceau de viande scellé dans le goudron, renvoie également à une matière utilisée pour la momification des corps dans l’Antiquité au Moyen-Orient — un mélange de résine et de bitume. Aujourd’hui symbole d’urbanisation et de pollution, ce matériau était autrefois associé au soin, à la conservation et à la médecine.
L’enrobée, 2025
L’œuvre dialogue avec une vidéo filmée sur un chantier de goudronnage. On y observe le va-et-vient infini d’une machine qui compacte la matière sur une route encore fumante. Le mouvement de la machine et de la fumée produit un effet hypnotique, évoquant une matière en fusion, presque volcanique. Cette répétition incarne le caractère cyclique de la construction et de la reconstruction de nos villes.
Ils dessinaient leurs navires, 2025
Dans l’espace, un fragment de béton gravé d’un engin de chantier prolonge cette réflexion. Dans la région de Hyères, où ces œuvres ont été réalisées, de nombreux forts datant de la Renaissance conservent sur leurs murs des gravures de navires réalisées par des marins, tentant de représenter leurs moyens de transport. Ici, il s’agit d’une forme d’« archéologie du présent », qui confère une valeur esthétique aux véhicules contemporains et à des métiers souvent invisibilisés.
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